Trafic maritime au 2e trimestre : Moins de navires dans les ports français, mais des factures qui explosent

Publié en septembre 2026 · Temps de lecture : 2 min

Les navires de commerce ont nettement moins chargé et déchargé en France au printemps 2026. D’après les chiffres officiels du Service des données et études statistiques (SDES) publiés en septembre, le volume de marchandises traité par les grands ports maritimes français a baissé de 2,6 % au deuxième trimestre, pour s’établir à 71,1 millions de tonnes. Ce ralentissement montre que les flux d’approvisionnement du pays connaissent un coup de frein notable.

En résumé : L’activité des ports maritimes français recule, principalement en raison d’une chute brutale des importations d’hydrocarbures. Cependant, cette baisse des volumes s’accompagne d’un paradoxe financier majeur : le coût du fret maritime a flambé de près de 14 %, pénalisant sévèrement les importateurs et les exportateurs de marchandises classiques.

Le déclin du vrac liquide et des hydrocarbures

La raison principale de ce recul est bien identifiée : le transport des hydrocarbures, que l’on appelle le vrac liquide (pétrole brut, carburants). Ce secteur continue de plonger et prolonge la baisse déjà enregistrée en début d’année. Pour les pouvoirs publics, voir les volumes de carburants diminuer ressemble à une victoire pour la transition écologique.

Mais sur les quais, la réalité économique est bien plus rude. Un port vide ne rapporte rien. Moins de navires de pétrole qui entrent sur le territoire, c’est mécaniquement beaucoup moins de taxes douanières versées à l’État et moins d’activité pour les travailleurs portuaires.

L’explosion paradoxale des prix du transport

L’autre grande difficulté de cette situation est financière. On pourrait penser que si l’activité dans les ports diminue, les prix du transport baissent également. C’est exactement le contraire qui se produit. Selon une autre étude du même ministère portant sur les prix du fret, publiée mi-septembre, les prix du transport maritime ont explosé de + 13,9 % au cours de ce même deuxième trimestre 2026.

Cette hausse des prix s’explique notamment par les tensions mondiales qui obligent souvent les navires à faire des détours pour éviter des zones de conflit, ce qui rallonge les voyages et coûte très cher en carburant et en assurances. À cela s’ajoute la hausse des tarifs du transport routier intérieur (+ 4,2 %) pour acheminer les marchandises du port jusqu’aux entrepôts de destination.

Le pire scénario pour la Supply Chain française

C’est le pire scénario possible pour les importateurs et les exportateurs français. Les entreprises logistiques doivent non seulement trouver des marchandises pour combler le vide laissé par le pétrole, mais elles doivent en plus payer beaucoup plus cher pour transporter leurs conteneurs de marchandises classiques (vêtements, pièces électroniques, meubles).

En conclusion, le commerce maritime transporte moins de volumes d’énergie, mais chaque conteneur de marchandises qui arrive au port coûte beaucoup plus cher à faire voyager et à dédouaner.

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Questions fréquentes

Pourquoi l’activité dans les ports français a-t-elle diminué au 2e trimestre 2026 ?

La baisse d’activité de 2,6 % (soit 71,1 millions de tonnes traitées) s’explique principalement par la chute des importations d’hydrocarbures et de vrac liquide, une tendance positive pour la transition énergétique, mais lourde de conséquences pour l’économie portuaire.

Comment expliquer l’augmentation des prix du fret malgré la baisse des volumes ?

Le prix du transport maritime a bondi de 13,9 % en raison des tensions géopolitiques mondiales. Ces crises obligent les navires à contourner certaines zones dangereuses, ce qui allonge considérablement les trajets et fait exploser les coûts d’assurance et de carburant.

Quelles sont les conséquences pour les importateurs de biens classiques ?

C’est une double peine. Les opérateurs logistiques subissent une hausse des coûts maritimes et doivent également absorber l’augmentation des prix du transport routier intérieur (+ 4,2 %). L’acheminement et le dédouanement de conteneurs standards (électronique, textile) reviennent donc beaucoup plus cher.